DVD: Apprendre Gimp 2.6 – Formation complète

Merci de nous consacrer quelques minutes, à l’occasion de la sortie de ce DVD de formation.  Peux-tu te présenter, nous dire dans quels secteurs tu officies?

Je suis graphiste spécialisé dans le prépresse. Cela paraît un peu exclusif mais c’est très vaste: c’est la partie située entre l’acquisition et l’impression dans la chaîne graphique. J’aime surtout la gestion de la couleur, les espaces, les modes, les profils, etc.

Quel est ton rapport au Libre?

J’ai découvert le libre par hasard, en m’intéressant à Gimp. J’ai rapidement découvert que sa force réside dans sa modularité et j’ai été enthousiasmé par l’esprit collaboratif qui s’en dégage. J’ai rapidement fait connaissance avec Inkscape et Scribus, que j’ai intégrés, tout en restant attaché à la suite Adobe, à mon flux de travail. Ils ont été rejoints par d’autres aujourd’hui indispensables comme Ghostview ou Moonshiner, et le très performant FontMatrix qui fait de plus en plus parler de lui. Aujourd’hui, je croise les compétences des logiciels libres et proprios. Ça devrait en faire sursauter quelques-uns de part et d’autre, mais je pense que l’essentiel est d’avoir le choix, pas de choisir son camp.

Avec Calcyum, je tente de sensibiliser les graphistes à d’autres outils que ceux qu’on leur a demandé d’apprendre à manipuler. Un outil n’est qu’un outil, mais la familiarité (on peut même parler d’accoutumance) et le temps envisagé pour se former à d’autres supports sont une barrière que certains se refusent à franchir. Malgré tout, les avis autrefois tranchés s’assouplissent.

Le Web est plus ouvert que le print, non seulement par sa culture du code source, mais aussi parce qu’il a moins de contraintes typographiques (c’est de moins en moins vrai avec le WOFF ou le SVG) ou colorimétriques.

Quels sont tes projets futurs?

Continuer à sensibiliser les graphistes, peut-être en multipliant les supports: magazines, formations, exercices…

Pour le moment, les initiatives venant des supports dont le public est constitué de graphistes se limitent beaucoup à Gimp, alors que selon moi le logiciel phare du libre pour le prépresse est Scribus. La version 1.3.5 est un bijou de fonctionnalité, même si elle reste désespérément en développement. Les exercices à son sujet devraient être plus nombreux, plus accessibles.

Je contribue également à la vie de la galerie nancéienne my.monkey, qui a accueilli SuperScript², un duo de graphistes lyonnais qui avait proposé une expo interactive en créant des livres à partir des textes et images Wikimédia, en contrat CC ou licence libre. Et entre mars et mai, j’ai invité Open Source Publishing à présenter leur travail, et ils ont choisi d’insister sur l’aspect collaboratif en impliquant le public dans la création de symboles typographiques. C’est avec ce genre de manifestations que le public est sensibilisé aux expériences collectives qui n’ont pas d’auteur attitré. Si les gens — et plus spécifiquement les graphistes — viennent à comprendre l’intérêt de la collaboration, ils viennent plus facilement au libre, qui plus est en comprenant que sa pertinence ne se limite pas à la seule gratuité.

Merci Thibaut, et bonne continuation!

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