À l’approche de juin 2026, 90 entreprises crypto n’ont toujours pas obtenu l’agrément MiCA européen — dont Binance

À moins d’un an de l’entrée en vigueur complète du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets), l’Autorité des marchés financiers (AMF) tire la sonnette d’alarme. Près de 90 sociétés crypto enregistrées en France n’ont toujours pas obtenu leur agrément européen, pourtant obligatoire à partir du 30 juin 2026.

MiCA : la fin des régimes nationaux

Depuis le 30 décembre 2025, le règlement MiCA remplace les cadres nationaux, tels que la loi Pacte en France. Les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN) peuvent encore exercer dans l’Hexagone pendant une période transitoire, mais ils devront impérativement obtenir l’agrément européen pour continuer leurs activités au-delà de cette date.

En clair, à compter de l’été 2026, les entreprises crypto non agréées perdront le droit de proposer leurs services aux clients européens.

Seulement 30 % ont déposé une demande

Selon l’AMF, environ 30 % des sociétés concernées ont déjà déposé leur dossier d’agrément, tandis que 40 % n’ont pas encore entamé les démarches. « Plusieurs acteurs risquent d’être exclus du marché français s’ils ne se mettent pas rapidement en conformité », a averti Stéphane Pontoizeau, directeur exécutif à la supervision des marchés et infrastructures de l’AMF.

À ce jour, 70 sociétés ont déjà obtenu le précieux sésame européen, parmi lesquelles les start-up françaises Deblock et Bitstack, ou encore Caceis, filiale du Crédit Agricole. En revanche, le géant Binance, pourtant enregistré en France depuis 2022, ne dispose toujours pas de l’agrément MiCA.

Une régulation plus exigeante en France

L’AMF a indiqué qu’elle pourrait écarter les sociétés ayant obtenu leur agrément dans d’autres pays européens, afin d’éviter toute forme d’arbitrage réglementaire — certains régulateurs étant jugés plus permissifs que d’autres. La France, elle, applique une approche plus stricte, avec des exigences élevées en matière de fonds propres, conformité et gouvernance.

Le nouveau cadre MiCA se révèle donc plus contraignant que le statut PSAN. Les entreprises doivent désormais justifier de solides ressources financières et d’un dispositif de contrôle renforcé, tout en démontrant leur capacité à prévenir les abus de marché et à gérer les conflits d’intérêts.

Faire le tri dans le secteur crypto

Pour les experts, MiCA permettra de faire le tri entre les acteurs sérieux et les plus fragiles. L’objectif du texte est clair : renforcer la transparence et protéger les investisseurs. Le règlement encadre notamment les pratiques de marché et interdit les comportements à risque tels que le délit d’initié, la manipulation de marché ou la diffusion d’informations privilégiées.

Ces mesures visent à éviter de nouveaux scandales financiers, à l’image de l’effondrement de la blockchain Terra Luna ou de la plateforme FTX, et à instaurer une confiance durable dans l’écosystème crypto européen.

Un compte à rebours déjà lancé

Avec l’échéance du 30 juin 2026 qui approche à grands pas, les entreprises encore non agréées risquent des restrictions d’activité voire une fermeture forcée de leurs opérations en France. Certaines pourraient être tentées d’obtenir MiCA dans d’autres États membres, mais cette stratégie pourrait s’avérer risquée à long terme, notamment en cas de durcissement réglementaire.

Pour le marché européen des crypto-actifs, 2026 s’annonce comme une année charnière : celle où le secteur entrera dans une ère entièrement régulée, plus sûre et plus transparente.

En savoir plus sur le règlement MiCA (site de la Commission européenne)

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