Inkscape : dessiner des formes simples

Nouvel extrait du livre Solutions informatiques pour les TPE… avec des logiciels libres, cette fois-ci, nous allons dessiner des formes simples avec Inkscape. La dernière fois, nous avons dessiné des chemins et des objets (rectangles, ellipses, carrés, ronds). Aujourd’hui utilisons ces formes de base et les fonctions de combinaisons pour tracer des chemins un peu plus complexes mais surtout précis.

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Inkscape : tracer chemins et objets

Une nouvelle série de vidéos issue du livre Solutions informatiques pour les TPE… avec des logiciels libres cette fois-ci consacrée à Inkscape et à quelques opérations de bases : tracer chemins et objets. Le but est de bien comprendre la différence entre les chemins (élément de base) et les objets (éléments plus complexes avec des propriétés particulières) et d’être à l’aise avec le dessin vectoriel.

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Inkscape 0.48, nouveautés de l’outil Nœud

Si cette nouvelle version d’Inkscape intègre quelques fonctionnalités supplémentaires, elle apporte surtout des améliorations majeures sur les outils déjà présents dans les versions précédentes. L’outil Nœud, en particulier, a fait l’objet d’une révision en profondeur par Krzysztof Kosiński durant son projet Google Summer of Code 2009. Voici une sélection des nouveautés les plus notables.

Sélection de chemins multiples

Il est désormais possible de sélectionner et d’éditer plusieurs chemins simultanément. Il suffit pour cela de sélectionner l’ensemble des chemins à éditer avec le sélecteur, puis de passer sur l’outil Nœud pour faire apparaître les nœuds de toute la sélection. Libre à vous de sélectionner ensuite ceux dont vous avez besoin, quel que soit le chemin sur lesquels ils sont positionnés.

Et bien entendu, toutes les manipulations qui étaient possibles avec les nœuds d’un seul chemin le sont toujours sur plusieurs chemins. Dans l’exemple suivant, les nœuds supérieurs des trois formes ont été déplacés en mode d’édition proportionnelle (en maintenant la touche Alt lors du déplacement) vers le bas.

Jointures multiples

Vous pouvez également joindre les nœuds terminaux de deux chemins par un nœud ou un segment. Le chemin résultant est alors la combinaison des deux chemins initiaux, et prend les attributs de style du chemin initialement placé le plus haut.

Plus pratique encore, plusieurs paires de nœuds sélectionnées peuvent être jointes simultanément deux par deux en une seule action.

Transformation des nœuds

Une nouvelle icône, placée dans la barre d’options de l’outil Nœud, autorise l’affichage de poignées de transformation autour de la boîte englobante des nœuds. Ces poignées fonctionnent exactement comme celles positionnées autour des objets et chemins en mode sélection, et permettent le redimensionnement, le déplacement, la rotation et l’inclinaison de la sélection de nœuds (cliquez sur un nœud pour passer du mode redimensionnement au mode rotation).

Encore ?

Pour en savoir plus sur les autres modification de l’outil Nœud, consultez les notes de version d’Inkscape 0.48 [1] ou, si vous souhaitez un maximum de détails, la page du projet de réécriture de l’outil [2].

[1] http://wiki.inkscape.org/wiki/index.php/Release_Notes/0.48

[2] http://wiki.inkscape.org/wiki/index.php/GSoC2009_Node_Tool_Rewrite

Exporter vers Gimp sous Windows, c’est possible !

Décryptons les scripts

Les utilisateurs les plus curieux l’auront sans doute remarqué, certaines options d’exportation et d’importation sont disponibles sous Gnu/Linux, mais pas sous Windows. Il ne s’agit pas ici de favoritisme délibéré (vous en doutiez ?) mais découle du fait que les développeurs d’Inkscape sont principalement équipés de Gnu/Linux ou OSX. Du coup, certaines fonctionnalités sont tout d’abord développées avec ces systèmes d’exploitation, puis portées (ou pas) vers Windows. Et dans le cas qui nous préoccupe, c’est une bonne partie du mécanisme gérant les scripts d’entrée et sortie qui est en cause. Les filtres qui ne nécessitent pas d’application tierce fonctionnent la plupart du temps parfaitement bien, mais pour ceux qui doivent s’appuyer sur Gimp ou Dia, par exemple, ce n’est pas tout à fait pareil.

Bon, pour notre exemple, prenons une extension utilisée par les concepteurs de sites pour exporter un fichier SVG vers Gimp tout en conservant la grille et les guides et en convertissant chaque calque du fichier en un calque Gimp. Lorsque le système est correctement paramétré, l’extension apparaît dans le menu Fichier>Enregistrer sous, sous l’intitulé « Gimp XCF avec conservation des calques ».

Un peu de technique (juste un peu)

Regardons de plus près comment tout cela fonctionne (ou plutôt ne fonctionne pas…).

Tout d’abord, nous avons un script d’exportation. Un script tout bête, qui ressemble à n’importe quel script disponible dans le menu Extensions. Sauf que celui-ci est spécial, puisque dédié à l’exportation. Pour l’exécuter, Inkscape à besoin d’un fichier faisant l’interface entre l’application et l’interpréteur Python, en voici un extrait (issu de gimp_xcf.inx).

<dependency type= »executable » location= »path »>gimp</dependency>

<param name= »guides » type= »boolean » _gui-text= »Save Guides: »>false</param>
<param name= »grid » type= »boolean » _gui-text= »Save Grid: »>false</param>
<output>
<extension>.xcf</extension>
<mimetype>application/x-xcf</mimetype>
<_filetypename>GIMP XCF maintaining layers (*.xcf)</_filetypename>
<_filetypetooltip>GIMP XCF maintaining layers (*.xcf)</_filetypetooltip>
<dataloss>true</dataloss>
</output>

Les éléments <param> sont les paramètres proposés à l’utilisateur lorsque l’extension est exécutée. Tout le reste au-dessous définit comment apparaît cette extension dans le menu Enregistrer sous. L’élément <output> permet à Inkscape de reconnaitre l’extension comme un filtre de sortie. Et enfin, pour terminer, l’élément <dependency> indique que l’exécutable gimp doit impérativement se trouver dans le chemin de l’utilisateur. Sinon, rien, que dalle, pas d’exportation XCF, désolé, c’est niet. Ah si, quand même, ça laisse un petit message d’erreur dans votre dossier de configuration personnel d’Inkscape (C:\Documents and Settings\%USERNAME%\Application Data\Inkscape\extension-errors.log).

Lorsque ça fonctionne, l’extension provoque l’ouverture de la boîte de dialogue suivante :

Finalement, ce n’est pas si compliqué !

Si avec Gnu/Linux tout fonctionne bien sans rien faire, c’est parce que l’exécutable de Gimp s’appelle bien gimp, et qu’il est généralement dans le chemin /usr/bin, avec de nombreuses autres applications, et que ce chemin est pratiquement tout le temps dans l’environnement utilisateur (en gros, quand le système d’exploitation ne sait pas où est une application appelée par son seul nom, c’est dans ce chemin qu’il va regarder).

Sous Windows par contre, les exécutables des applications ne sont pas stockés dans un dossier commun, et ne sont donc pas par défaut dans l’environnement utilisateur. Il faut alors les ajouter, si besoin, dans la variable qui va bien. Voici comment faire (avec XP, mais ça ne doit pas être trop différent avec Seven et Vista) :

1. Ajoutez le chemin vers Gimp dans l’environnement système (tout ce qui est dans le chemin système est propagé à l’environnement utilisateur).

1a. Cliquez-droit sur l’icône Poste de travail et choisissez Propriétés dans le menu contextuel pour ouvrir la boîte de dialogue des propriétés système.
1b. Dans l’onglet Avancé, cliquez sur le bouton Variables d’environnement, tout en bas à gauche.
1c. Dans les variables système, partie basse de la boîte des variables d’environnement, double-cliquez sur la variable Path.
1d. Ajouter à la fin de la chaîne un point-virgule, puis le chemin vers Gimp. Avec Gimp 2.6, il faut ajouter la chaîne suivante « ;C:Program Files\GIMP-2.0\bin ».
1e. Fermez proprement (en cliquant Oui partout) les boîtes de dialogue précédemment ouvertes.

2. Renommez l’exécutable.

2a. Dans le dossier d’installation de Gimp, copier l’exécutable « gimp-2.6.exe ».
2b. Renommez la copie en « gimp.exe ».

3. Téléchargez le script à jour. Si vous avez une version d’Inkscape antérieure à la 0.49 (oui, je sais, la 0.48 n’est toujours pas sortie, mais mesurez votre chance, je vous donne là une astuce pour une fonctionnalité qui n’est sensée fonctionner que dans plusieurs mois !), votre version du script plante lamentablement (pour une sombre histoire d’antislash dans les chemins, allez comprendre…). Effectuez alors les étapes suivantes.

3a. Téléchargez la dernière version du fichier script [1]. Si vous êtes gourmands, et que vous voulez aussi profiter d’une nouvelle option permettant d’exporter (ou pas) le fond de page dans chaque calque Gimp et d’un nouvel onglet d’aide (le tout non traduit, désolé !), téléchargez aussi le fichier inx [2].
3b. Copiez le ou les fichiers dans le dossier C:Program Files\Inkscape\share\extensions.

4. Relancez Inkscape, puis ouvrez Fichier>Enregistrer sous pour vérifier qu’une nouvelle ligne mentionnant « Gimp XCF avec conservation des calques » a bien été ajoutée.

Si par malheur ça ne fonctionnait pas comme espéré, n’hésitez pas à poser vos questions sur le site Launchpad (en français ou en anglais) [3] ou à déposer un rapport de bogue (en anglais) sur le même site.

Amusez-vous bien !

Édition du 14 janvier 2013 : des modifications effectuées récemment dans la prise en charge des traduction dans le code en développement ont rendu incompatible l’extension avec la version stable d’Inkscape. Pour que tout fonctionne normalement (mis à part les messages émis par le code Python, qui ne seront pas traduits), il faut supprimer la ligne contenant inkex.localize() dans le fichier gimp_xcf.py.

[1] http://bazaar.launchpad.net/~inkscape.dev/inkscape/trunk/annotate/head%3A/share/extensions/gimp_xcf.py

[2] http://bazaar.launchpad.net/~inkscape.dev/inkscape/trunk/annotate/head%3A/share/extensions/gimp_xcf.inx

[3] https://launchpad.net/inkscape

Différence entre Vectoriel et Bitmap

Le dessin Bitmap

Le dessin bitmap porte ce nom car il s’agit simplement de travailler avec des pixels. Le pixel, un point qui peut avoir une valeur de couleur et de transparence (ce dernier appelé canal Alpha). Les images qui sont très souvent utilisées sur Internet sont composées d’un nuage de pixels, il en va de même pour les images numérisées et les photos numériques. Si on effectue un zoom sur ce type d’image voici ce que l’on obtient :

On peut constater que le zoom (ici à 600%) fait apparaître immédiatement les pixels qui composent l’image. Le logiciel de dessin bitmap va permettre de sélectionner ces pixels pour ensuite les manipuler, changer leur couleur, etc. Ce type d’image et de logiciel convient parfaitement pour la retouche photographique, le photomontage, les trucages photos et le dessin à la main avec une tablette graphique où l’on peut facilement utiliser des outils comme le crayon ou l’aérographe et comportant des buses différentes pour en modifier la forme. Bien évidemment, plus il y a de pixels dans une image et plus son « poids » numérique augmente

Le dessin vectoriel

Contrairement au dessin bitmap où les objets sont composés de pixels, le dessin vectoriel est composé d’objets qui sont des courbes mathématiques (dites de Bézier du nom du mathématicien qui les a inventées) ou des droites et segments qui ont une couleur et une taille. Leur principal avantage est de ne pas souffrir du phénomène de pixelisation lorsque on cherche à faire un zoom sur une partie ou la totalité de l’image :

Quand un zoom est fait, automatiquement les courbes composant le dessin sont recalculées pour être mises à l’échelle. Ce type de dessin permet de revenir facilement sur un élément ou un groupe d’éléments pour le remodifier à volonté et sans que la qualité du travail ne soit altérée. Ce type de dessin est très pratique pour certaines réalisations qui demandent des résolutions de travail importantes. Comme le dessin ne comporte que des cordonnées mathématiques, son poids numérique ne varie pas avec la taille de l’image, contrairement au bitmap qui voit sa taille augmenter avec le nombre de pixels.


Frédéric TOUSSAINT

Réaliser un visage manga avec Inkscape

Ce tutoriel se découpe en 4 parties :

Partie 1 :

Dessin du personnage en mode trait, nous ne dessinerons que le partie gauche du personnage.

Partie 2 :

Colorisation de l’oeil, nous verrons dans cette partie plusieurs techniques (masque, flou, groupe…)

Partie 3 :

Colorisation du visage, des cheveux

Partie 4 :

Mise en place des ombres

Postez vos questions et commentaires dans le sujet dédié sur notre forum !

Sketch/Skencil: Le caractère de la police.

1. Postscript Type1 et TrueType

Dans ce qui suit, nous parlerons de préférence de fonte de caractères, plutôt que de police de caractères, qui semble être un anglicisme indésirable (pléonasme!), même si le terme police a été conservé dans le titre du présent exposé, et qu’il pourra y ressurgir inopinément par la suite. Une fonte (les caractères en plomb provenaient autrefois de chez un fondeur, d’où le nom de fonte) numérique est un ensemble de données susceptibles de reproduire le dessin des caractères d’imprimerie, stockées dans un ou plusieurs fichiers informatiques. Ces fichiers contiennent les informations nécessaires d’une part à l’affichage sur moniteur et d’autre part à l’impression sur un support externe de l’ensemble des caractères  (le jeu de caractères) d’une fonte donnée.

Une fonte ne présente d’intérêt que si elle est redimensionnable, c’est-à-dire s’il est possible de l’afficher et de l’imprimer suivant des dimensions différentes. On dira alors qu’on l’utilise dans des corps différents. Le redimensionnement des fontes numériques, ainsi que le langage PostScript lié à leur gestion, sont une création de la société Adobe. Les fontes qui en sont issues s’appellent fontes Type1 (il existe des Type 2 et 3), et sont caractérisées par trois fichiers descripteurs par fonte:

fonte.afm (Adobe Font Metric), qui est un fichier texte, fonte .pfa (PostScript Font Ascii) et fonte.pfb (PostScript Font Binary), ce dernier étant la version binaire du précédent, la présence simultanée des deux types n’étant pas obligatoire pour un bon fonctionnement des applications.

L’un des problèmes d’une pareille technologie vient de ce qu’il est possible d’afficher une fonte, mais non de l’imprimer, ou inversement, selon que l’on ne disposera pas de l’un ou l’autre des fichiers requis à l’une de ces tâches. L’autre difficulté vient de ce que la licence Adobe relative aux Type1 en rend l’utilisation chère et contraignante. Ainsi est-il prévu que les créateurs de fontes PostScript doivent verser des royalties à Adobe. Cela explique que sous Linux, qui recourait initialement aux seules fontes Type1, on disposait d’un ensemble très limité de possibilités, les fontes PostScript libres étant peu nombreuses, quelques-unes de Adobe, d’autres de URW et de Bitstream.

Apple, très implanté dans la PAO, dépendait donc fort étroitement de Adobe et de sa technologie PostScript. Voulant s’en affranchir afin d’étendre son propre contrôle sur ce domaine d’activité, Apple créa les TrueType, appelées le plus souvent TTF (True Type Font). Ce type de fontes vectorielles utilise un unique fichier descripteur, tant pour l’affichage que pour l’impression, qui d’ailleurs, s’effectue sur n’importe quelle imprimante de bureau, alors que les PostScript nécessitent, en principe, une imprimante du même type, ou une émulation logiciellle comme ATM, ou GhostScript sous Linux.

La PAO professionnelle fait appel aux fontes PostScript, mais d’une manière générale, pour une utilisation courante, on pourra se fier aux fontes TrueType: le résultat imprimé sera conforme à l’affichage. De plus, il existe une très grande quantité de fontes gratuites, voire libres d’utilisation, provenant d’une multitude de créateurs indépendants ou de fondeurs de renom. Depuis quelques temps, la plupart des distributions Linux d’aujourd’hui gèrent les TrueType d’une façon transparente, de leur installation facile (sur Mandrake) à leur impression sans reproche en passant par leur affichage lissé (antialiasé). Dès lors, pourquoi s’en priver? Pourquoi ne pas en jouer graphiquement avec Sketch/Skencil? Après tout, un outil de dessin vectoriel doit savoir manipuler des caractères qui sont eux aussi vectoriels?

C’est ce que nous nous proposons de découvrir ici.

Note importante: les manipulations décrites dans ce qui suit, ont été élaborées sur une distribution Linux Mandrake 8.2. Il se peut donc que certaines informations soient à adapter pour d’autres distributions, ou d’autres versions.

2. Où trouver des fontes True Type ?

On dit que plus de 40.000 fontes de caractères ont été recensées, et qu’il s’en crée continuellement. La surabondance étant l’ennemie du mieux, il devient très difficile de trouver ce que l’on cherche exactement, d’autant que quantité de fontes se ressemblent au point que les différences échappent au regard non averti. Combien de milliers de Times et similaires? Combien d’ Helvetica et analogues?… Combien de sites web dédiés aux caractères?

Sous peine de perdre son temps, il faut limiter les sources à consulter, on en conviendra. Voici donc quelques sites de très grand intérêt:

http://www.geocities.com/jeffsfonts/, de Jeff Levine, créateur des fontes, dont une centaine de Dingbats, qu’il met en libre téléchargement. (le site de Jeff Levine n’est plus accessible, mais on peut trouver des équivalences sur http://www.dafont.com)

http://www.simplythebest.net/fonts/, qui semble ne pas usurper son nom, du fait de sa présentation très claire et du très grand nombre de fontes freeware ou shareware disponibles, judicieusement classées.

http://www.moorstation.org/typoasis/designers/westwind/ toutes les créations, originales et soignées, de West Wind Fonts.

http://www.fontgarden.com/, semblable à Simlpy The Best, peut-être plus riche et différemment présenté.

http://www.planete-typographie.com/, site français, des plus instructifs qui, outre les fontes sélectionnées mises en téléchargement, offrent des pages pédagogiques concernant la typographie et l’imprimerie, qu’il s’agisse d’histoire ou de technique. A consulter absolument.

Et encore:

http://www.fontalicious.com/super/fonts.html, fontes de titrage pour la plupart. http://www.fontfreak.com/, fontes PC et Mac. http://www.1001freefonts.com/

Il ne semble pas nécessaire de chercher plus loin, la plupart de sites ci-dessus proposant des liens pointant vers les créateurs et grands pourvoyeurs de freeware que sont Ray Larabie, PizzaDude, Nick Curtis, etc. A noter, pour l’anecdote, que Microsoft lui aussi propose des fontes en freeware: une seule main suffit à les compter sur les doigts. Sauf erreur de ma part, évidemment…

La plupart des fontes étant d’origine anglo-saxonne, elles ne contiennent pas de caractères accentués; beaucoup d’autres, de type fantaisie, ne contiennent que des majuscules, et seront donc réservées à la réalisation de titres. D’autres, peuvent ne contenir qu’une douzaine de caractères. Si l’on désire disposer d’une table de caractères complète, il convient de se tourner vers les concepteurs professionnels: Bitstream Inc, URW Software, Nimbus, Letraset, Mecanorma, Corel Corp., Monotype Typography, QualiType, ITC, Adobe… et même Microsoft. En effet, les fontes Times New Roman, Arial, Verdana et Courrier New sont utilisées sur tous postes Windows : si l’on veut échanger avec eux des données provenant d’un poste Linux, sans altération de l’apparence, il importe d’avoir composé et mis en page lesdites données avec les mêmes caractères que ceux qui seront utilisés pour les lire. Cela va sans dire, mais cela va mieux en le disant, ainsi que l’affirme l’adage bien connu.

Si l’on a installé Corel Photo Paint, version 9 pour Linux, on dispose sur son système de 178 fontes True Type dont la table de caractère de chacune est complète. Inutile donc de s’en priver, et l’on pourra convertir en Type1, par exemple: Imtpulse BT, Allegro BT, Architecture, Staccato222 BT, WP IconSymbolA, etc. qui sont d’excellente facture (M.à.j. : Depuis la version 9, Corel Photo Paint n’est plus développé pour Linux mais vous pouvez encore le trouver en téléchargement).

3. Convertir des True Type en Type1

3.1 Le nécessaire à conversion:

Rappelons un point important: les distributions modernes telles que Mandrake et les environnements évolués tels que KDE usent indifféremment des TTF ou des Types1. De ce fait, on ne convertira que les fontes nécessaires à l’usage d’un programme particulier qui ne peut recourir aux TTF. Ici, comme dit précédemment, l’opération est envisagée pour Sketch/Skencil, sans préjuger de son adaptabilité à d’autres programmes.

Afin de réaliser les conversions envisagées, il convient de disposer des outils adéquats, ce qui n’est guère une difficulté sous Linux, le choix des outils étant immense. On récupèrera, sans qu’il soit obligatoire d’y recourir dans le cas présent, les outils suivants:

1) ttf2pt 1, basé sur ttf2pfa, un autre convertisseur TTF vers Postscript. La version 3.4.3 utilisée pour cet article est en téléchargement sur: http://ttf2pt1.sourceforge.net Disponible depuis décembre 2002, cette version est livrée sous forme de sources compactées en une archive tgz, contenant un Makefile qu’il n’est donc pas nécessaire de générer par le classique ./configure. La compilation, lancée dans le répertoire de décompression par un simple make, produira deux exécutables pricipaux: ttf2pt1 et t1asm, ainsi que d’autres utilitaires de manipulation de fontes qui viennent s’ajouter à la douzaine de scripts livrés avec l’archive. De cet ensemble, seul ttf2pt1 nous intéressera par la suite.

2) type1inst, de James Macnicol. Il s’agit en réalité de deux scripts en Perl, type1inst et t1embed, disponible en archive tgz sur: http://rpmfind.net/linux/RPM/type1inst. Ces outils servent à générer dans le repertoire des fontes installées les fichiers descripteurs: fonts.scale, fonts.dir et Fontmap. Dans le cas de Sketch/Skencil, il est préférable de recourir à l’utilitaire maison pour générer fonts.scale, qui différera de celui produit par type1inst, lorsque certaines fontes converties présentent des difficultés. Au final, type1inst s’avère utile uniquement pour générer Fontmap, fichier nécessaire à Ghostscript, mais inutile pour notre démonstration.

3) Type1Utils, de Eddie Kohler. Livré en sources tgz, ce paquetage produit six exécutables après compilation: t1ascii, t1asm, t1binary, t1disasm, t1mac, t1unmac, destinés à convertir des PFB en PFA et inversement, à désassembler ou assembler ces mêmes fichiers, et à convertir les ATM/Laserwriter de Macintosh en Type1. Non utilisée pour le problème qui nous occupe, cette collection d’utilitaires est signalée à toutes fins utiles. A télécharger sur: http://www.lcdf.org/~eddietwo/type/t1utils-1.26.tar.gz

4) mkfontdb.py, script Python de Bernhard Herzog. Est indispensable pour générer un fonts.scale correct et std.sfd, c’est-à-dire standard skecth font directory, à télécharger sur le site officiel de Sketch/Skencil: http://sketch.sourceforge.net/mkfontdb-1.3.tar.gz

3.2 Exemple de conversion:

Pour une plus grande clarté de lecture, créons un répertoire temporaire dans son home, par exemple Convfont. Copions-y une fonte TTF, n’importe laquelle, par exemple la très belle staccato.ttf, du fondeur Bitstream Inc. En mode console, si l’on a proprement installé ttf2pt1, il suffira de se rendre dans le répertoire Convfont contenant la fonte à convertir et d’entrer la commande:

ttf2pt1 -ab staccato.ttf. La mention -ab, en réalité les options a et b du programme, signifie que l’on désire une table de caractères contenant tous les caractères inclus dans le fichier TTF d’origine (option a) et que celle-ci doit être assemblée dans un fichier compressé binaire pfb (option b). A l’exécution de la commande, des indications vont défiler, notamment l’annonce de la création d’un fichier nommé staccato.pfb; on apprendra aussi que la fonte convertie s’appelle très précisément: Staccato222BT-Regular et que l’opération de conversion sera terminée à l’apparition du message suivant: Finished. Font File Created. L’examen du répertoire Convfont montrera alors que deux fichiers viennent d’être créés: staccato.afm et staccato.pfb.

Le fichier afm étant un fichier texte, il est facile de le lire pour y apprendre que la table de caractères contient 307 signes (StartCharMetrics), que le cé cédille minuscule (ç) est le caractère 184 dans la table, alors que le même en capitale est le caractère 199 (Ç) etc… Si l’option -a n’avait pas été demandée lors de la conversion, la table de caractères n’en contiendrait que 256. A chacun de voir s’il veut disposer des signes comme la tilde (~), le dollar ($), dièse (#) etc… A noter que la liste complète des options de ttf2pt1 s’obtient en entrant simplement dans une console: ttf2pt1. Pour clore le sujet, ajoutons que l’appel du programme sans option limite le résultat de la conversion à un fichier staccato.afm, et que l’option -e produit un fichier staccato.pfa. A chacun de voir s’il préfère les .pfa aux .pfb.

3.3 Exemple d’installation:

L’installation de la fonte (ou des fontes, évidemment) consiste à la placer dans le répertoire idoine, puis à la faire prendre en charge par XFree et par Sketch/Skencil. Cela peut paraître compliqué, surtout comparé à la simplicité de procédure requise par Windows pour installer une fonte, mais ce ne l’est pas vraiment: il suffit d’un minimum de rigueur pour mettre en oeuvre ce qui suit.

1) Tout d’abord, copier les fichiers staccato.afm et staccato.pfb dans: /usr/lib/sketch-0.6.15/Ressources/Fontmetrics. L’opération devra être menée dans un terminal en mode SU, soit en ligne de commande (cp [options] source cible) pour les masochistes, soit en appelant l’un des irremplaçables MC, Krusader ou Konqueror.

2) Entrer dans le répertoire /usr/lib/sketch-0.6.15/Ressources/Fontmetrics (cd [-L|-P] [dir]).

3) Installer la nouvelle fonte en appelant soit: -type1inst sans options, ce qui, après scrutation du répertoire . ../Fontmetrics, génerera les fichiers fonts.dir, fonts.scale et Fontmap, ce dernier n’ayant aucune utilité si son contenu n’est pas rapporté dans le Fontmap de Ghostscript. Toutefois, il est apparu à l’usage que les fichiers fonts.dir et fonts.scale ne sont pas toujours corrects pour une utilisation sans histoire par Sketch/Skencil. On recourra alors à la solution suivante, qui est valide à coup sûr:

-mkfontdb.py -x -s, qui génèrera les fichiers fonts.scale et std.sfd en adéquation avec ce que Sketch/Skencil attend. Si l’on tient à avoir fonts.dir, il suffira de copier fonts.scale en le nommant fonts.dir, ces deux fichiers contenant en principe les mêmes informations.

4) Demander à XFree de prendre en compte les fontes de Sketch/Skencil, ce que l’installation de Sketch/Skencil ne fait pas par défaut, et qui devrait être réalisé avant la première utilisation de Sketch/Skencil. Pour cela, éditer le fichier /etc/X11/fs/config, ajouter une virgule en fin de la dernière énumération des répertoires de fontes de la section catalogue, et ajouter la ligne: / usr/lib/sketch-0.6.15/Ressources/Fontmetrics, sans mettre de virgule en fin de ligne. A noter que l’opération pourrait être réalisée grâce à /usr/sbin/chkfontpath [options].

5) Faire prendre en compte l’ajout de la nouvelle fonte par le système, soit par la façon brutale, mais terriblement efficace, consistant à faire redémarrer son système soit, toujours dans un terminal en mode SU, en entrant la commande: xset fp rehash (consulter la documentation à ce propos).

6) Vérifier -c’est facultatif- que l’installation est correcte en appelant K Char Select, ou Drakfont. (Voir illustration).

4. Quelles fontes convertir ?

Evidemment, il n’y a pas de réponse absolue. Chacun opèrera en fonction de ses goûts, de ses besoins et de ses coups de coeur. Cependant, il existe des fontes dont les caractères sont des glyphes -terme parfaitement adéquat pour les fontes Aztec ou Mayan- non alphabétiques, couvrant bien des domaines ainsi graphiquement représentés. Il serait alors peu judicieux pour un graphiste de s’en passer tant il est possible, en les utilisant , de composer rapidement une illustration comme il a été dit en introduction. Les fontes les plus représentatives du genre sont les Dingbats; elles sont devenues une référence, au point que toute fonte composée d’autre chose que de caractères alphabétiques est classée usuellement dans les catégories des Dingbats, quel que soit le domaine qu’elle couvre.

Ainsi, on trouvera:

- des symboles divers: Dingbats, Wingdings, WP IconicSymbolsA, Webdings, 2 TheLeft Dingbats, PizzaDude Bullets

- des flèches: Arrows

- des encadrements floraux: Corners, Flowers Show, WebOMint

- des personnages: Gee Club, Tombats Four, Mr Men, McZee, FlyingPenguin, FFDingBest, Face It!, Face On!, Dont bug Me….

- des hiéroglyphes en tout genre: Mayan, Aztec, PharaoGlyph, Deities… Des mammifères, des insectes, tout ce que l’on voudra, et même des fontes qui imitent les caractères propres à certaines raisons sociales: Loki Cola, Walt Disney Script… Voir illustration de spécimen.

5. Comment utiliser ces nouvelles fontes ?

Une fonte de caractères, on l’aura compris, est une collection de petits dessins – des glyphes – représentant des lettres ou n’importe quoi d’autre. Chaque caractère est constitué de courbes de Bézier: il s’agit donc d’une entité vectorielle mathématiquement définie qui pourra être redimensionnée, déformée, triturée point par point. C’est en ce sens que les fontes de caractères sont de précieux alliés des graphistes: du fait de leur malléabilité. Cependant, il ne sera possible de les plier à volonté que sous certaines conditions.

Au départ, dans tout programme de dessin vectoriel, une chaîne de caractères est une entité de texte, et elle le demeurera tant qu’on ne la transformera pas en autre chose. Si on envoie à un imprimeur un dessin produit par Sketch/Skencil contenant du texte en tant que tel, et que l’imprimeur ne dispose pas de la fonte utilisée pour composer ce texte, le dessin ne pourra pas être ouvert, ou bien la fonte sera remplacée par une fonte de substitution qui ne garantira pas la mise en page originale.

NOTA: on traite avec l’imprimeur sur la base de dessin Sketch/Skencil converti en .ai, tous les imprimeurs disposant de Illustrator , et aucun de Sketch/Skencil

Pour éviter les obstacles de ce genre, il suffit que le dessin ne contienne pas de texte mais uniquement des entités de dessin. A cette fin, les chaînes de caractères seront converties en dessin par la commande: >Courbe > Convertir en courbe. Cette commande, qui existe dans d’autres programmes, peut s’appeler différemment.

Si l’on veut manipuler séparément chaque caractère (qui a perdu son attribut de texte), il faut le rendre indépendant des autres par la commande: >Disposer >Dégrouper.

Si l’on veut modifier le dessin du pseudo-caractère, il faut se placer en Mode d’édition de points. Cette procédure primordiale se trouve résumée dans l’illustration suivante.

6. Premier exemple de réalisation

Proposons-nous de réaliser une affichette incitant à l’accomplissement du devoir civique par excellence: voter lors d’un référendum, où il ne s’agit que de déposer dans l’urne un bulletin: Oui, ou un bulletin: NON, selon les convictions de chacun. L’affichette en question pourrait ressembler à l’image suivante, toute considération esthétique étant laissée de côté. Il n’est ici question que de technique.

NOTA: il est entendu que pour ce genre d’exercice, la manipulation minimale de Sketch/Skencil est pré-requise.

L’habitude de l’illustration vectorielle dit rapidement que cette image nécessite différents calques (couches) correspondant chacun aux éléments qui la composent: un fond, une urne, l’action de voter (main et bulletin), du texte standard et le contenu possible du bulletin (oui, non) variable selon l’opinion du votant. La structure en calques de l’illustration pourrait donc ressembler à ceci:

6.1 Création du Oui/Non:

On peut supposer que le « Oui » est joyeux, et qu’une fonte enjouée devrait le traduire. La fonte Walt Diney Script (http://simplythebest.net/fonts/fonts/walt_disney_script.html , licence libre pour un usage personnel) conviendra. Quant au « NON », qui veut s’opposer violemment, une fonte massive comme l’Impact de Monotype Corporation (fonte non libre) devrait en montrer la détermination. Evidemment, comme en tout scrutin, il y a les hésitants, qui naviguent entre les deux possibilités. Transcrire cela graphiquement est fort possible avec Sketch/Skencil.

Quatre étape seront nécessaires à la réalisation de la chose.

1° Etape: sur le calque Oui/Non, entrez le texte « Oui », de couleur bleue, puis le texte « NON » de couleur rouge, chacun des deux textes dans la fonte choisie. Convertir les deux textes en courbes.

2° Etape: sélectionner les deux textes (qui sont maintenant des entités de dessin), puis dans >Effets >Transformations (ou mélanges)> Etapes:10 >Appliquer. Un morphing (transformations successives, appelées Dégradé de forme dans Illustrator) de forme et de couleur est alors réalisé entre le « Oui » et le « NON ».

3° Etape: dégrouper le morphing, tracer un cercle et disposer radialement (et à la main!) chaque élément de la transformation autour du cercle. Rappelons qu’un clic sur un objet le sélectionne et autorise son déplacement, alors qu’un second clic permet sa rotation et son « italisation ».

4° Etape: supprimer le cercle qui n’avait qu’un rôle de guide.

Voir illustration des quatre étapes.

6.2 Création de l’action de voter:

Plus explicites qu’un discours, quelques pictogrammes diront clairement que voter consiste à déposer une enveloppe fermée contenant son bulletin, dans une urne. La fonte WP IconicSymbolA de Corel contient les deux éléments dont nous avons besoin: une enveloppe cachetée et un main, index tendu, indiquant une direction à suivre. Rappelons que l’on peut connaître le contenu d’une table de caractères, ainsi que la touche du clavier à laquelle un caractère correspond grâce, par exemple, à Gnome Character Map. Ici, la main correspond à la touche: » L » et l’enveloppe correspond à la touche « J« . Bien évidemment, ces caractères seront convertis en courbes et dégroupés avant mise en place sur le calque Vote. Voir illustration.

6.3 Dessin de l’urne:

Celle-ci n’étant pas disponible comme caractère (peut-être existe-t-elle dans une autre fonte), la dessiner sur le calque Urne grâce à l’outil: Dessiner Polyligne. Ne pas oublier d’éditer le tracé en mode points (de contrôle), de sélectionner les points d’origine et de fin de tracé, et de clore la figure grâce à >Courbe >Joindre noeuds. On pourra ainsi remplir la figure sans qu’il y ait de fuite. Voir illustration.

6.4 Ajouter du texte:

Sur le calque Texte, ajouter en VGA Rounded de Bitstream Inc, les textes « ou » et « …mais VOTER! ». Convertis en courbes, ces textes pourront recevoir une couleur de remplissage et une couleur de contour (ainsi qu’une épaisseur de contour) différentes. Voir illustration.

6.5 Ajouter un fond:

Sur le calque Fond, tracer un rectangle aux dimensions de la page A4 et le remplir d’un dégradé, d’un aplat ou d’un motif, selon les préférences de chacun. Ne reste plus alors qu’à signer l’oeuvre que l’on s’était proposée de réaliser en début d’exercice. Facile, non?

7. Deuxième exemple de réalisation

Cet exercice est fort simple à réaliser, puisqu’il ne contient que du texte converti en courbes. Il est inutile donc de le trop détailler. Les fontes de caractères ont été choisies en fonction du message que chaque texte exprime. Ainsi, « Morosité » est d’un dessin flasque et lourd à la fois, dans une position descendante comme on peut s’attendre d’un sentiment qui achemine vers la dépression, et dans une couleur fade et froide. Il s’agit de la fonte SF Hallucination, de ShyFonts Type Foundry. Le texte « SOURIEZ! », au contraire se doit d’avoir une allure guillerette, ascendante, pleine de lumière, de chaleur et de volume. Il s’agit de la fonte Junior & Stinky, de John Martz. Quant au texte principal, donneur de conseil, il se doit d’être docte, lisible, sans fantaisie, droit comme une rembarde. Il s’agit de la fonte 20th Century Font, de Ray Larabie. Restent les personnages: deux caractères provenant de la fonte PizzaDude Bullets, de Jakob Fischer. Le personnage morose est obtenu grâce à la touche « 5″ du pavé numérique, et le personnage souriant grâce à la touche « 3″. Les grises mines reçoivent un remplissage en aplat, alors que la mine réjouie est remplie avec un dégradé circulaire qui lui donne du volume. De plus, lui-même et le texte « SOURIEZ! » qui l’accompagne, rempli de la même façon, sont dupliqués sur un calque sous-jacent afin de créer une ombre légère qui leur donne ainsi du relief, en contraste avec la platitude des éléments moroses. Le tout est disposé sur un fond dont le dégradé va du sombre au clair, pour exprimer le passage du triste au joyeux. Voir illustration. Simplissime, non?

8. Troisème exemple: un peu de poésie

La famille des Dingbats couvre, comme il a déjà été dit, un grand nombre de domaines. Si la poésie (naïve) évoque les fleurs, les fées, les papillons… il est alors aisé de traduire graphiquement ce concept grâce aux fontes disponibles. En voici une interprétation possible: « …et volent les papillons ».

Sur cet exemple encore, pas un seul trait n’a été tracé: il ne s’y trouve que des caractères. Les motifs floraux proviennent de la fonte Corners 1, de Helen Duggan, les papillons de la fonte KR Buterflies (http://www.katsfunfonts.com) et le texte de la fonte Mandingo, de Font « a » Licious Fonts. L’illustration se compose au minimum de trois calques: Fond, Ombre et Motifs, en allant du plus bas vers le plus haut. Les motifs (les caractères convertis en courbes) sont remplis par des aplats, avec des bordures ayant leur tonalité accordée au remplissage. Les bordures ont pour but de souligner les formes, qui cependant restent assez plates sur un fond vide: élément (1) sur l’illustration de la décomposition en calques. Pour donner du relief à l’ensemble sans distraire le regard, il convient de créer sur le calque Fond, un arrière-plan uni de couleur claire (2). Mais l’image demeure encore plate. Aussi aura-t-on tout avantage à sélectionner le contenu du calque Motif, et à le copier dans le presse-papier pour le coller ensuite sur le calque Ombre, où la copie recevra une couleur unie identique pour le remplissage et les bordures. Cette couleur sera semblable à celle du fond, mais en plus sombre (3). Le contenu du calque Ombre sera légèrement décalé par rapport au contenu du calque Motifs afin de créer l’effet d’ombre recherché (4). Elémentaire, non?

9. Dernier exemple: rien que des lettres !

Il n’est pas un logiciel de dessin vectoriel qui, dans l’exposé de ses fonctions, ne présente pas la possibilité de réaliser une image avec seulement des chaînes de caractères (alphabétiques). Illustrator n’échappe pas à la règle. Il est donc juste de montrer que Sketch/Skencil en est également capable. L’illustration suivante le prouve et nous verons dans un prochain numéro comment parvenir à ce résultat sans souffrir le martyre. La procédure sera explicitée dans le détail et constituera ce que nos cousins du Québec n’appelleraient pour rien au monde un « Step by step ».

Dernièrs babillages: si l’on préfère les machineries lourdes de possibilités multiples, on se tournera vers StarDraw/OpenDraw. Tout ce qui vient d’être dit plus avant pourra y être réalisé de manière semblable avec, en plus, l’introduction de fonctionnalités qui font cruellement défaut à Sketch/Skencil: la transparence et le dégradé de transparence, tant sur les zones de remplissage que sur les contours. Et ne parlons pas de cet outil hautement créatif qu’est la conversion 3D de tout objet, bitmap ou vectoriel, et de son texturage, ni de l’avantage à utiliser dans StarDraw/OpenDraw les fontes TTF sans transformation préalable en PostScript Type1.… et c’est tout pour aujourd’hui!


André PASCUAL

andre.pascual@linuxgraphic.org

Cet article, rédigé en mai 2003, a été publié dans LinuxPratique France en 2004.

Inkscape – Réalisez votre propre Carte de Voeux

1. Définition de l’espace de travail.

Lancez une session d’Inkscape.

Le format de page par défaut est le A4, ce qui convient assez mal à une petite carte de vœux. Nous allons modifier ce format pour avoir du A6 (105 x 148 mm), orientation paysage, un peu comme une carte postale. Pour cela, aller dans le menu Fichier -> Préférences du Document (ou utilisez la combinaison Maj + Ctrl + D ). Dans l’onglet Page, modifier le paramètre Taille du canevas à A6. De même, dans le paramètre Orientation du canevas, choisissez Paysage. Optionnellement, dans l’onglet Grille, cochez l’option Afficher la grille. Vous pouvez maintenant fermer la fenêtre.

Au besoin, utilisez la touche 5 du pavé numérique pour afficher la page entièrement et le plus grand possible sur le canevas; pour bascule en affichage plein écran/affichage normal, utilisez la touche F11. La combinaison Ctrl + la molette de la souris ou les touches + ou – permettent de zoomer puis la combinaison de la touche Maj + la molette de la souris permet de déplacer le dessin dans la fenêtre.

Figure 02 : définition du format de notre carte.

2. Définition du fond.

Pour faciliter la gestion du projet, nous nous efforcerons à créer un nouveau calque pour chaque nouvel élément entrant dans la composition. Pour l’instant, nous nous contentons de renommer l’unique calque par défaut. Nous utilisons le menu Calque -> Renommer le calque et nous écrivons Fond, par exemple, dans la boîte de dialogue qui apparaît. Une autre méthode pour atteindre les calques et leurs paramètres est de faire afficher la fenêtre des calques par la combinaison des touches Ctrl + Maj + L. Puis, dans la fenêtre qui s’affiche, le calque courant voit son nom surligné. Un click sur le nom et on a directement accès au nom que l’on peut modifier.

Maintenant, utilisons l’outil Créer des rectangles et des carrés (touche F4 ou R ) pour dessiner un cadre à peu près centré sur le canevas, avec une marge constante. Utilisez le magnétisme sur la grille pour vous aider à dessiner.

Appelez la boîte de dialogue Remplissage et contour Icône Inkscape - Bouton pour Dialogue Contours/remplissage/couleur (combinaison des touches Ctrl + Maj + F) et dans l’onglet Remplissage, modifiez la couleur du fond. Par exemple, choisissez R = 0, V = 0 et B = 255 pour obtenir un fond bleu. Vérifiez que le curseur Opacité globale soit bien à 1,000 tout en bas de la boîte. De même, dans l’onglet Remplissage du contour, choisissez R = 0, V = 0 et B = 0 pour obtenir une bordure noire. Les prochains objets créés, quels qu’ils soient, auront les mêmes couleurs de contour et de remplissage, mais vous pourrez les modifier à discrétion.

Figure 03 : Remplissage et contour, une boîte de dialogue que vous utiliserez souvent !

3. Décorer le fond.

Pour égayer notre carte de vœux, nous allons ajouter quelques étoiles. Pour bien séparer ces éléments des autres, nous créons un nouveau calque grâce au menu Calque -> Ajouter un calque Icône Inkscape - Ajouter un calque (ou la combinaison des touches Crt + Maj + N) et, dans la boîte de dialogue qui apparaît, nous nommons ce nouveau calque Etoiles. (Dans la fenêtre de gestion des calques, nous pouvons ajouter un calque en cliquant sur le bouton avec la petite croix verte. Une fenêtre s’ouvre alors qui nous permet également de nommer le calque). Par défaut, le nouveau calque sera placé au-dessus du calque actif.

Nous utilisons maintenant l’outil Etoiles Icône Inkscape : Outil Polygone/Étoile (la touche * du clavier ou du pavé numérique ou bien la combinaison des touches Maj + F9) pour en poser quelques-unes de-ci de-là. Avec l’outil activé, utilisez le bouton gauche de la souris pour définir le centre, puis sans relâcher, glissez la souris pour dimensionner l’étoile et/ou lui donner une position angulaire.

Figure 04 : l’outil Étoiles en action.

Appelez à nouveau la boîte de dialogue Remplissage et contour (Ctrl + Maj + F) et dans l’onglet Remplissage, modifiez la couleur du fond. Par exemple, choisissez R = 191, V = 191 et B = 64 pour obtenir un fond jaune pâle. Comme précédemment, vérifiez que le curseur Opacité globale soit bien à 1,000 tout en bas de la boîte. Après avoir fermé la boîte de dialogue, disposez quelques nouvelles étoiles un peu partout – attention à ne pas surcharger votre travail – , comme précédemment, elles auront les mêmes couleurs que nous pouvons modifier à souhait.

Deux poignées apparaissent sur le contour de l’étoile. L’une sert à régler les dimensions extérieures de l’étoile ainsi qu’à modifier l’inclinaison des branches par rapport aux rayons, l’autre règle la profondeur des branches de l’étoile et à contrôler la rotation de l’étoile toute entière.

Figure 05 : un fond étoilé en guise de carte de vœux.

Enfin, utilisez l’outil Sélectionner et Transformer des objets (combinaison de touches Ctrl + Maj + M), et créez une boîte encadrant toutes les étoiles pour les sélectionner. Utilisez ensuite le menu Objet-> Grouper Icône Inkscape - Outil : Grouper (combinaison de touches Ctrl + G) pour qu’elles soient réunies en une seule entité.

À ce stade, si vous souhaitez encore déplacer, modifier, supprimer, ajouter une étoile composant le groupe que vous venez de former, un double-clique sur une des étoiles et vous entrez dans le groupe, sans devoir dégrouper. Vous avez alors accès à chacun des éléments du groupe d’étoiles. Un clique à l’extérieur du groupe, du dessin et vous refermez le groupe d’étoiles.

4. Ajouter le texte principal.

Créez un nouveau calque que vous nommez cette fois Texte central.

Activez l’outil Créer et éditer des objets texte Icône Inkscape - Dialogue : Texte et Fontes (La touche F8 ou T); dessinez une boîte rectangulaire occupant à peu près l’espace entre les étoiles, et dans le cadre, tapez votre texte, par exemple: Bonne et heureuse année 2006.

Remarque : En fonction de la police que vous utiliserez, les caractères accentués apparaîtront convenablement ou non.

Affichez la boîte de dialogue relative au texte : Texte -> Texte et police (Combinaison des touches Ctrl + Maj + T). Dans la fenêtre, choisissez une police de caractères d’allure un peu festive (par exemple, Indigo Joker, livré en standard avec la Mandriva 2005, mais non accentuée) et spécifiez une Taille de police de 28. Appliquez et fermez la boîte de dialogue. Si la boîte rectangulaire dessinée n’est pas assez grande pour contenir le texte, utilisez à nouveau les outils Texte (combinaison des touches Ctrl + Maj + T), cliquez avec le Bouton Gauche de la souris sur le texte tronqué, puis servez-vous du diamant en bas à gauche de la boîte d’encadrement pour le redimensionner de sorte que le texte soit entièrement visible. Notez que seul le cadre est redimensionné.

Revenez à l’outil Sélectionner et transformer des objets (Ctrl + Maj + M). Grâce à lui, recentrez le texte et redimensionnez-le en utilisant la poignée du coin inférieur droit. Cette fois-ci, le texte est redimensionné en même temps que la sélection.

Cliquez une nouvelle fois sur la sélection : les poignées changent de forme, pour permettre la rotation du bloc de texte. La croix blanche au milieu symbolise le point de pivotement de la figure (Ce point peut être déplacé – même en-dehors de l’objet – pour contrôler la rotation de l’objet). En attrapant une poignée dans un coin, la figure entière peut être tournée. En attrapant une poignée sur un côté, le texte est incliné – ou plutôt l’objet (les objets, le groupe d’objets) contenu dans la boîte englobante est « écrasé » comme un parallélogramme : les deux côtés opposés restent parallèles. Attrapez la poignée du côté droit et essayez jusqu’à obtenir l’inclinaison souhaitée. Utilisez à nouveau le Bouton Gauche pour revenir au mode de déplacement et, si nécessaire, recentrez le texte.

Figure 06 : usage très conventionnel de l’outil Texte.

 

Remarque : Problème avec les polices « creuses ».

Il n’est pas possible de remplir les polices « creuses » avec la couleur de votre choix, elles sont forcément transparentes en leur centre, et seul le trait de dessin peut être coloré. Il y a toutefois une astuce, longue à mettre en œuvre mais efficace. Créez un nouveau calque, et copiez/collez-y dedans le texte principal. Pour plus de commodité, masquez tous les autres calques. Convertissez le texte en chemin : Chemin -> Objet en chemin Icône Inlscape - Outil Objet en Chemin (Combinaison des touches Ctrl + Maj + C).

Figure 07 : après conversion, le chemin en cours d’édition.

Ceci étant fait, chaque lettre est éditable comme un chemin. Zoomez successivement sur chaque lettre, puis sélectionnez et supprimez les nœuds internes du chemin.

Figure 08 : le chemin interne a été détruit.

Appelez ensuite la boîte de dialogue Remplissage et contour (Ctrl + Maj + F) pour en changer la couleur.

Réactivez ensuite les autres calques, puis déplacez celui-ci pour qu’il coïncide parfaitement avec le texte d’origine. Au besoin, utilisez les options Monter le calque Icône Inkscape : Monter le Calque d'un niveau (Ctrl + Maj + PgUp) et Descendre le calque Icône Inlscape - Bouton Descendre le calque d'un niveau (Ctrl + Maj + PgDn) du menu Calque Icône Inkscape - Dialogue : Calques (ou les boutons avec les flèches dans la fenêtre des calques) pour que le fond du texte soit visible, sans masquer le texte lui-même.

Figure 09 : le fond de texte et le texte d’origine, superposés. L’illusion est parfaite !

5. Texte de vœux.

L’outil Texte présente quelques particularités intéressantes que nous allons découvrir maintenant.

Commencez par créer un nouveau calque, et nommez-le par exemple Texte vœux. Utilisez successivement les outils Créer des rectangles et des carrés (la touche F4 ou R) et Créer des cercles, des ellipses et des arcs Icône Inkscape - Bouton Dessiner Ellipse/Cercle (la touche F5 ou E) : dans le coin supérieur droit, insérez un rectangle puis une ellipse verticale qui se chevauchent légèrement.

Figure 10 : la forme de notre texte à venir, constitué d’un rectangle et d’une ellipse.

Nous allons réaliser une opération booléenne, c’est-à-dire demander à Inkscape de soustraire la forme de l’ellipse à celle du rectangle. Sélectionnez donc le rectangle, puis ajoutez l’ellipse à la sélection (en maintenant la touche pressée). L’ordre de sélection des objets a son importance : le premier sélectionné est l’objet de référence, le second est celui qui sera soustrait du premier. Ensuite, allez dans le menu Chemin pour ordonner l’opération booléenne: Chemin -> Différence Icône Inkscape : Outils booléen Différence (combinaison des touches Ctrl + -).

Figure 11 : les mêmes formes après opération booléenne.

Expérimentons maintenant une nouvelle façon d’ajouter du texte. Comme précédemment, appelez la boîte de dialogue Texte (Ctrl + Maj + T) et dessinez la boîte de texte au niveau de la forme. Dans l’onglet Police, choisissez une Famille de police un peu plus formelle: URW Chancery L, par exemple, et une Taille de police = 22. Puis, dans l’onglet Texte, tapez : Nous vous souhaitons tous nos meilleurs vœux pour l’année à venir… Maintenant, sélectionnez le texte, et aller dans le menu Texte -> Désencadrer (Maj + Alt + W). Ajoutez la forme à la sélection (toujours en maintenant appuyée la touche ), allez à nouveau dans le menu Texte et enfin choisissez la fonction Encadrer (Alt + W). Le texte est redistribué à l’intérieur de la forme.

Figure 12 : le texte occupe la forme tout en respectant ses limites.

La mise en couleur de ce texte se fera en deux temps. Tout d’abord, avec le texte seul sélectionné, utilisez l’outil en forme de pipette Icône Inkscape - Outil Pipette (touche F7 ou D) : Capturer des couleurs moyennées depuis l’image (Clique gauche et glisser), et cliquez au centre d’une des étoiles jaunes pour en récupérer la couleur exacte: le texte en prend instantanément la couleur (euh … avec un léger temps de calcul tout de même) ! Ensuite, sélectionnez la forme d’origine, appelez la boîte de dialogue Remplissage et contour (combinaison de touches Ctrl + Maj + F), et modifiez la valeur d’Opacité globale à 0,000, pour la faire disparaître totalement.

En procédant exactement de la même manière avec deux rectangles, dont vous ferez tourner l’un d’eux sur lui-même de sorte que la forme, après opération de différence (combinaison des touches Ctrl et -), soit un rectangle biseauté, insérez en bas de la carte le reste de votre texte: Bonheur, Prospérité… et surtout la Santé!!!. Nous ne vous aidons pas plus, à vous de parvenir au résultat suivant. :)

Figure 13 : ce n’est tout de même pas si difficile à réaliser, n’est-ce pas ?

6. Dessiner le gui.

Nous n’avons jusqu’à présent utilisé que des formes géométriques pré-définies, mais nous pouvons nous essayer à un dessin plus libre, en illustrant une branche de gui : cette plante aux feuilles arrondies parasite certains arbres et donne des fruits en forme de petites boules blanches en grappe. C’est cette forme de gui, plus simple, que nous allons illustrer sur notre carte.

Activez à nouveau l’outil Créer des cercles, des ellipses et des arcs . Pendant les opérations à venir, maintenez la le bouton gauche maintenu + la touche Ctrl pour créer des objets de ratio entier. Créez trois boules, disposées en grappe, lse recouvrant en partie l’une et l’autre. Appelez maintenant la boîte de dialogue Remplissage et contour et donnez une couleur blanche aux fruits (onglet Remplissage, R = 255, V = 255 et B = 255). En revanche, laissez le contour noir (onglet Remplissage du contour, R = 0, V = 0 et B = 0). Retournez à l’outil Sélectionner et transformer des objets Icône Inkscape - Outil de sélection/transformation d'objet, puis réordonnez les trois boules blanches grâce aux icônes Descendre la sélection d’un cran Icône Inkscape - Bouton Descendre la sélection d'un niveau (PgDn) et Monter la sélection d’un cran Icône Inkscape - Bouton Monter la sélection d'un niveau (la touche PgUp). Sélectionnez enfin les trois boules, et utilisez la combinaison (combinaison de touches Ctrl + G) pour grouper les fruits.

Figure 14 : et voici trois jolies petites boules blanches …

Nous allons maintenant utiliser l’outil Tracer des courbes de Bézier et des segments de droite Icône Inklscape - Outil : Dessiner chemin (combinaison des touches Maj + F6 ou B) pour dessiner le profil de la tige. Nous essaierons de ne pas créer trop de nœuds, et de terminer sur le nœud d’origine pour clore le chemin et désactiver l’outil. Grâce à la boîte de dialogue Remplissage et contour , donnons une couleur verte aux feuilles (onglet Remplissage, R = 0, V = 99, G = 0) et laissons le contour noir (onglet Remplissage du contour, R = 0, V = 0, B = 0).

Figure 15 : … une tige …

Le même outil va être utilisé pour tracer le profil de la feuille, à nouveau avec un minium de nœuds, et en terminant sur le nœud d’origine – vous indiquant par un changement de sa couleur lorsque vous serez exactement au-dessus avec le curseur – que vous pouvez clore, fermer le chemin de la feuille. Peu importe si la forme est un peu ratée; grâce à l’outil Éditer les nœuds ou les poignées de contrôle d’un chemin Icône Inlkscape - Outil : Éditeur de noeuds (la touche F2 ou N), vous pouvez cliquer sur un nœud; le nœud sélectionné et les nœuds adjacents deviennent éditables. Des poignées apparaissent avec à leur extrémité un petit cercle coloré apparaissent : ce sont les poignées de Bézier. En les déplaçant, vous pouvez contrôler les tangentes de la courbe au chemin, et donc la courbure des bords de la feuille: nœud par nœud, poignée par poignée, vous façonnez finement votre feuille.

Normalement, la feuille est créée avec les mêmes options de Remplissage et contour que la tige. Si ce n’est pas le cas, utilisez l’outil en forme de pipette comme précédemment pour attribuer à votre feuille les mêmes couleurs que la tige.

Figure 16 : … et une feuille, une …

Activez l’outil Sélectionner et transformer des objets et sélectionnez la feuille, puis copiez-la et collez-la (combinaison de touches Ctrl + C puis Ctrl + V . Ces deux commandes provoquent la copie de l’objet sélectionné et le dépose où se trouve le curseur. Une seconde possibilité de copier la feuille sélectionnée est la combinaison des touches Ctrl + D qui duplique l’objet sélectionné sur son propre emplacement. La copie se trouve exactement au-dessus de l’original.). Utilisez maintenant les icônes Retourner les objets sélectionnés horizontalement Icône Inkscape - Outil Retournement horizontal (la touche H) et Retourner les objets sélectionnés verticalement Icône Inkscape - Outil Retournement vertical (la touche V), puis déplacez la feuille retournée de l’autre côté des fruits. Enfin, sélectionnez les feuilles, les fruits et la tige, et groupez-les sous une même entité, grâce à la combinaison des touches Ctrl + G.

Figure 17 : … et notre gui enfin complet !

Copiez et collez cette nouvelle sélection. Faîtes-la pivoter, au besoin retournez-la horizontalement (la touche H) comme précédemment et/ou verticalement (la touche V ) pour orienter le nouveau gui comme souhaité. Déplacez-le dans un autre coin libre de la carte.

Figure 18 : et voilà une carte, déjà bien sympathique !

7. Touche finale : retoucher le fond.

Nous en avons théoriquement terminé avec notre création mais nous allons mettre en œuvre un dernier outil qui pourra s’avérer utile pour vos propres expérimentations et compositions. Sélectionnez maintenant le cadre bleu qui sert de fond à votre carte. Appelez la boîte de dialogue Remplissage et contour et, dans l’onglet Remplissage, choisissez Dégradé radial Icône Inkscape - Outil Dégradé radial. (Dégradé se dit en anglais : gradient) Cliquez sur Éditer pour changer les couleurs; le dégradé est défini entre différents points appelés stop et qui sont numérotés. Nous allons les modifier successivement. Pour le premier stop (celui sélectionné par défaut), mettez A=0, et pour le stop suivant, mettez A=255. Vous pouvez maintenant fermer l’Éditeur de dégradés ainsi que sa boîte de dialogue.

Figure 19 : la même carte, avec un dégradé central …

Le dégradé est assez réussi mais il est possible de le régler plus finement. Avec le fond toujours sélectionné, utilisez l’outil Créer et éditer des dégradésIcône Inkscape - Outil Créer/Modifier Dégradé (combinaison des touches Ctrl + F1 ou G) : des curseurs de contrôle apparaissent. Celui qui se trouve à l’intersection des deux segments permet de centrer le dégradé. Déplacez-le vers le centre du texte. Saisissez maintenant la poignée horizontale, et orientez-là pour qu’elle soit approximativement parallèle au texte principal. Optionnellement, vous pouvez allonger chacune des deux branches pour le contrôle la forme du dégradé selon que vous la souhaitiez elliptique ou circulaire.

Figure 20 : … et avec le dégradé en cours d’édition !

En conclusion.

Au terme de ce didacticiel, vous devriez désormais savoir comment forcer d’une texte à remplir une forme particulière, à dupliquer des objets vectoriels et à les retourner horizontalement ou verticalement, mais aussi à les empiler dans un ordre particulier et à les grouper. Côté mise en couleurs, la boîte de dialogue Remplissage et contour est désormais plus familière, ainsi que les outils pipette et édition des dégradés. Vous devriez donc être plus à l’aise pour vous lancer dans vos futures compositions.

 


Liens Site officiel d’Inkscape: http://www.inkscape.org

Merci à Diamond Editions pour son aimable autorisation pour la mise en ligne de cet article, initialement publié dans Linux Pratique N°33

Olivier Saraja – olivier.saraja@linuxgraphic.org

Corrections par PapyOctet le 20/06/2010


Feu d’artifice de fin d’été

Avec Inkscape, il doit y avoir plusieurs méthodes pour réaliser un feu d’artifice.
Dans le cadre de ce billet, j’ai cherché à faire cette illustration avec l’outil Effets de chemin (Chemin > Effets de chemin ou Maj + Ctrl + 7).
Cet outil cache plein d’options qui vont être bien utiles pour atteindre notre objectif !

Une illustration de feu d’artifice contient deux plans :
- le feu lui même
- le paysage de fond, généralement de nuit !!!

Dans ce billet seul la réalisation du feu d’artifice sera expliquée !

Pour commencer, tracez deux cercles.
Le plus grand, à la taille que vous souhaitez, le plus petit, doit être, comme son nom l’indique, le plus petit possible!
Gardez le quand même visible!

Centrez les deux cercles via l’icône Aligner et distribuer les objets puis et .

C’est à ce stade qu’intervient l’outil « effets de chemin« .
Pour l’utiliser, sélectionnez les deux cercles puis les « combinez« .
Allez dans le menu Chemins > Combiner ou Ctrl + K.

Il faut maintenant, aller dans le menu Chemins > Effets de chemin.
Une fenêtre s’ouvre avec les diverses options possibles.
Dans le menu déroulant « Appliquer un nouvel effet » sélectionnez « Relier les sous-chemins » puis cliquez sur « Appliquer » (Si vous ne pouvez pas cliquer sur « Appliquer un nouvel effet« , c’est que vos deux cercles ne sont pas combinés!).
Nous avons une nouvelle fois, plein d’options pour cet effet!

En appliquant cet effet, on obtient par défaut 5 chemins qui vont du plus grand cercle vers le plus petit!
L’orientation des chemins a son importance, vous verrez pourquoi par la suite!
Pour voir apparaitre notre feu d’artifice naissant, on va augmenter le nombre de chemins!
Je vous propose d’en mettre 15, pour cela rien de compliqué, il suffit d’entrer 15 dans le champs « Nombre de chemins » (Qui a dit qu’Inkscape était compliqué?).

Voilà ce que vous devez obtenir :

Continuons à travailler notre feu d’artifice qui est à ce stade plutôt rigide et fade!
Il faut lui ajouter un peu d’irrégularité.
C’est toujours aussi simple, dans « variance du bord de départ » j’ai réglé sa valeur à 0,50.

On obtient bien, sur l’extérieur des chemins, des départs à distances irrégulières :

Vous comprenez pourquoi je disais plus haut que «  les chemins vont du plus grand cercle vers le plus petit« ?
Si vous aviez modifiez la valeur de la « variance du bord de fin« , c’est logiquement au centre que l’effet se serait appliqué.
Je vous laisse tester!

Une chose très importante à faire avant de poursuivre, une fois vos réglages sur le nombre de chemins et leurs tailles faits, il FAUT retransformer vos tracés en chemins.
Pour cela, aller dans le menu « Chemins » puis « Objet en chemin » ou « MAJ + Ctrl + C« .
Si vous ne le faites pas, votre illustration risque de prendre une apparence inattendue!
Je vous laisse également tester!

Pour terminer de donner une jolie forme de feu d’artifice à mon illustration, il faut utiliser une autre option de l’outil « effets de chemin » : « Courber le chemin« .
Comme pour l’effet « Relier les sous-chemins » sélectionner « Courber le chemin« . Puis dans « effet courant » cliquez sur l’icône « éditer sur la zone de travail »
Vous devez obtenir ceci :

Cliquez au milieu de cette ligne verte et courbez celle-ci vers le haut en la faisant glisser avec la souris :

Avant de continuer, il FAUT de nouveau retransformer vos tracés en chemins.

Vous commencez à le voir ce feu d’artifice?

Bien, il n’y a plus qu’à lui ajouter des couleurs, c’est quand même le but d’un feu d’artifice, d’être coloré!!!
Et là, c’est à vous de jouer et de laisser votre créativité s’exprimer!

Par exemple, appliquez une couleur comme ci-dessous, du orange et une épaisseur de trait d’un pixel.

Puis dupliquez votre feu, passez à une épaisseur de trait de 5 px, floutez un peu, un peu de transparence.
Enfin, faites le passer sous le premier feu d’un pixel et ajustez le pour obtenir un effet de feu d’artifice!

Les possibilités sont nombreuses, pour conclure, je vous propose mon bouquet final :

L’illustration au format svg!

Ce billet a été originellement publié sur D-Blog-Pas.

Réaliser une pomme

 

De nouveau un petit tutoriel pour Inkscape. But du jeu, dessiner une jolie pomme comme celle ci… Un minimum de connaissance du logiciel est quand même requis pour suivre cet explicatif.

Petite nouveauté par rapport aux autres tutoriels, Gimp sera de la partie !

Au boulot sans plus tarder ;)

Tout d’abord, lancez Gimp. Menu Fichier / Nouveau et créez un document plus grand en pixels que le canevas Inkscape. Pour cet exemple, j’ai pris la taille 1280 x 1024.

Cliquez sur Valider. Allez ensuite dans le menu Filtres / Rendu / Nuages par différences.

Remplissez la boite de dialogue comme sur la capture suivante.

Vous devriez obtenir ceci :

Mais oui, cela va être utile pour la suite! Enregistrez ce « brouillard » n&b dans un fichier PNG sur votre disque dur. Menu Fichier / Enregistrer sous. N’oubliez pas de sélectionnez le type de fichier dans la boite de dialogue. PNG ou JPEG, j’ai une petite préférence pour le PNG.

Le brouillard est bien au chaud dans votre disque dur ? Parfait, passons au travail avec Inkscape.

Premièrement, tracez un cercle parfait et convertissez le en chemin. (menu chemin / objet en chemin)

Passez ensuite sur l’outil nœud. Et déformez le cercle en déplaçant vers le bas et vers le haut les nœuds indiqués par les flèches.

*

Le but est d’obtenir un cercle légèrement aplati. Une fois la forme obtenue , Dupliquez la. (CTRL +D)

Insérez l’image contenant le brouillard. Redimensionnez la et passez la en arrière de façon à obtenir ceci.

Le cercle déformé ne doit pas dépasser de l’image insérée. Sélectionnez ensuite l’image + un cercle. (n’oubliez qu’il y en a deux superposés) et allez dans le menu Objet / découpe / définir.

On obtient un cercle rempli de brouillard !

Sélectionnez ce cercle et passez le en dessous de l’autre cercle. (touche page précédente)

Baissez l’opacité du cercle coloré qui est devant. (90%)

Le cercle en premier plan laisse entrevoir le « brouillard » ce qui donne une sorte d’effet de « peau ». Pour le moment j’ai juste appliqué une couleur vert sombre.

Pour donner plus de lumière, il faut appliquer un dégradé. Donc appliquez un dégradé radial comme sur l’image suivante. 44aa00ff -> 002b00ff

Ensuite, tracez une ellipse (remplissage 338000ff, opacité 90%) sur la partie supérieur de la pomme.

Tracez ensuite un cercle comme sur l’image suivante.

Dupliquez l’ellipse verte créée précédemment. Sélectionnez le petit cercle noir ainsi que la copie de l’ellipse et allez dans le menu Chemin / Intersection.

Appliquez un dégradé radial noir vers transparent à ce petit bout de cercle.

Ensuite nous allons dessiner quelques effets de lumières. Tracez deux cercles comme sur l’image suivante. le but est de ne conserver que la partie indiquée par la flèche. Toute la partie de l’ellipse rose sera supprimée.

Sélectionnez ces deux ellipses et allez dans le menu Chemin / Différence. Passez en blanc le nouvel objet obtenu.

Pour faire plus simple , j’ai dupliqué cet arc de cercle et appliqué une inversion verticale. (touche V). Placez cette copie inversée comme sur l’image suivante.

Il ne reste plus qu’a flouter ces deux objets blancs et baisser l’opacité. (flou 15% , opacité 72%)

Un petit reflet jaune ? Dessinez un cercle ( ffcc00ff ) comme sur l’image suivante.

Appliquez un flou de 32% de une opacité réduite a 54%.

Cet effet de lumière sera un peu survolé. Pour obtenir ceci :

Ce truc au dessus n’a rien avec windows. Non , ce n’est pas un dessin subliminale ;)

J’ai dessiné 4 rectangles. Puis :

- conversion des objets en chemin (menu chemin / objet en chemin)

- combinaison de ces quatre objets avec la fonction combiner (menu chemin / combiner)

- j’ai tordu les 8 lignes horizontales avec l’outil nœud.

- j’ai appliqué une inclinaison de 20° avec l’outil transformer. (menu objet / transformer / onglet inclinaison)

Si cela intéresse quelqu’un , je peux approfondir ce passage. Les commentaires sont la pour çà :)

Après cette manip un peu complexe , on obtient un objet que l’on peut flouter également. (flou 12% , opacité 69%)

Passons à la queue de la pomme. Dessinez une forme équivalente a celle ci avec l’outil courbe de bézier. (un minimum de pratique avec ce outil est quand même nécessaire)

Appliquez un remplissage avec la couleur 2b1100ff et supprimez le contour.

Dupliquez cet objet , appliquez un remplissage plus clair ( 803300ff par exemple) et réduisez sa taille avec la fonction « offset dynamique ». (menu Objet / Offset dynamique). Vous devriez obtenir un résultat approchant à la capture suivante.

Floutez l’objet le plus clair (7%) et la tour est joué.

Oh la belle queue ! ;)

Il manque une ombre à cette queue. Tracez un rectangle comme sur l’image suivante avec un remplissage noir.

Dupliquez le cercle vert qui compose la pomme.

Sélectionnez cette copie ainsi que le rectangle noir, et allez dans le menu chemin / intersection.

Floutez cet objet et baissez l’opacité. Réduisez la hauteur pour ne pas que l’ombre dépasse de la pomme.

(flou 22% , opacité 91 %)

Encore un autre effet de lumière. Avec l’outil noeud , tracez un arc de cercle qui surplombe la partie droite de la pomme comme sur l’image suivante. (ou utilisez la technique des deux cercles + opération différence si vous n’êtes par encore à l’aise avec l’outil bézier)

Dupliquez le cercle composant la pomme. Sélectionnez cette copie + l’arc de cercle et allez dans le menu Chemin / intersection. Appliquez un remplissage blanc à ce nouvel objet.

Un oubli. J’ai appliqué un simple dégradé blanc vers transparent. (transparent côté « pomme »)

Un petit flou de 10% et une opacité réduite à 64%… et voilà !

Vous vous rappelez , la pomme est composée d’un cercle rempli d’un dégradé avec deux « stops » vert clair -> vert foncé. Après le vert foncé, j’ai rajouté un stop noir pour donner un effet d’ombre sur la partir inférieur.

Avec une simple ellipse et un flou conséquent , on peut facilement dessiner une ombre.

Le fichier SVG

L’image « brouillard »

Pour les utilisateurs de version de développement 0.47 :

Si vous possédez cette version, vous pouvez vous passez de gimp! Sur votre cercle de base , allez dans le menu Effets / Filter puis clouds. Le rendu est différent mais tout de même intéressant mais surtout il fait gagner du temps et évite le petit « aliasing » généré par la fonction découpe.

Dominique